Les photographes professionnels à l’épreuve de la crise financière


Quelle pourrait-être l’impact de la crise financière sur le métier de photographe professionnel ? Et comment ces derniers pourraient se protéger efficacement des conséquences de celle-ci sur leurs activités quotidiennes ?

L’économie mondiale doit faire face à la pire crise financière de ces 80 dernières années ; celle-ci aura inéluctablement des répercussions préjudiciables dans bon nombre de secteurs y compris dans celui de la photographie professionnelle. Il est temps d’y réfléchir sérieusement, et ce, particulièrement pour ceux qui tirent l’essentiel de leurs revenus de cette activité.

Photo-Detour s’est penché sur la question aux fins d’identifier les conséquences envisageables sur les activités des photographes professionnels et les solutions pour limiter les effets néfastes que cette crise pourrait avoir sur le business des photographes professionnels. Cet article n’est qu’une réflexion sur le sujet et nous n’avons pas  la prétention de trouver des remèdes miracles transposables à chaque situation individuelle.

Plusieurs questions doivent être évoquées : la crise a-t’elle d’ores et déjà affecté le domaine de la photographie professionnelle ? Quid des assurances : les assureurs ont-ils déjà réduit leur couverture en la matière et augmenté corrélativement le montant des primes ? Quelles mesures les photographes professionnels pourraient prendre pour limiter leur exposition (sans jeu de mots) à la crise ?

Bien que les compagnies d’assurances européennes ne semblent pas être pour l’instant affectées particulièrement par la crise financière, et donc ne soient pas tentées de répercuter leurs pertes éventuelles (dues à des investissements hasardeux non-protégés ou mal protégés) via une augmentation des primes et une réduction des couvertures, les photographes professionnels pourraient, eux, être directement touchés par la crise.
En effet, leurs activités professionnelles pourraient rapidement et durablement diminuer suite à une baisse de leurs carnets de commandes.
Lorsque l’économie va mal, le budget publicitaire des entreprises est bien souvent le premier à devoir supporter des coupes sombres.
D’autre part, selon l’un de nos interlocuteurs assureur, « l’ère de la photographie numérique a fait de tout un chacun un  expert. A tel point que certaines sociétés au lieu de passer un contrat avec un photographe ou studio professionnels préfèrent confier à l’une de ses secrétaires un appareil numérique et lui demander de faire le travail…Cela a un impact non négligeable».
Les photographes publicitaires ne sont pas les seuls à être des victimes potentielles de la crise.
Les photographes « sociaux » et les photojournalistes pourraient bien aussi constater prochainement les effets pervers de la situation économique en déclin.
Ainsi, ceux spécialisés dans la photographie de mariage pourraient avoir à lutter contre une concurrence émanant de photographes amateurs proches des mariés et les magazines et journaux pourraient être tentés de remplacer quelques photos par du texte, histoire d’économiser ici ou là quelques précieux euros.

Cependant, pour ces branches du secteur photographique, et plus particulièrement pour les photographes de cérémonies de mariage ou d’événements familiaux, le réel impact financier ne devrait pas intervenir avant août ou septembre 2009.
En effet, dans le marché de la photo de mariage les événements sont planifiés longtemps à l’avance et les commandes déjà formalisées pour les mois à venir.
Un autre problème pourrait émaner des clients eux-mêmes des photographes professionnels qui pourraient être tentés de contester de plus en plus souvent les travaux réalisés par ces derniers, uniquement dans le but de différer le paiement de leurs factures, voire de ne pas honorer ces dernières. On constate d’ailleurs d’ores et déjà un nombre grandissant de litiges en la matière…
Pour se prémunir de ces situations conflictuelles particulières, une assurance professionnelle devrait être contractée par le photographe, qui n’aurait ainsi pas à se soucier de ces litiges.
Dans les périodes de difficultés économiques, comme celles qui se présentent actuellement, il est plus que jamais important de se protéger par des polices d’assurances ad hoc.
La crise aurait, selon certains, déjà un impact sur le comportement des photographes. En effet, ceux-ci, professionnels ou amateurs du reste, réfléchissent à présent à deux fois avant de décider de remplacer leurs équipements.

« Plans d’urgence » ?

Au-delà des questions d’assurance, la crise financière et économique rappelle amèrement aux professionnels du métier la nécessité de se diversifier.
Certains devront peut être inclure à contrecœur la vidéo  dans leurs activités ; d’autres envisageront de se tourner vers la création graphique de sites web pour rendre leurs offres uniques et donc plus attractives ou encore de passer d’une occupation à temps plein à une occupation à temps partiel.
La fixation du prix de leurs services devra également être revue car il y a fort à parier que les coûts des prestations photographiques vont chuter tel que cela s’est produit dans le passé pour le matériel.
La concurrence devrait également se faire plus rude car il y aurait plus d’étudiants dans les écoles de formation que de professionnels en activité.

En conséquence, même s’il faut se garder de dramatiser la situation, il semble être grand temps de se préparer à des périodes plus dures à venir…

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