10 conseils pour la photographie d’oiseaux


La photographie des oiseaux est une activité pratiquée par de plus en plus de photographes, amateurs ou professionnels.

Elle demande néanmoins beaucoup de rigueur et la qualité des photographies en dépend largement.

Suite à la demande de contacts, j’ai décidé de rédiger ce petit guide des meilleures pratiques en la matière.

La variété des formes, des tailles et des couleurs de nos amis les oiseaux – et ce que cette diversité révèle sur les adaptations des espèces à divers habitats ruraux ou urbains – en fait des sujets fascinants.

Cependant, leur nature variée et vivante les rend particulièrement difficile à photographier. D’autant plus que leur vie, assez secrète, ne favorise pas les mises en situations pour le photographe.

Voici quelques conseils à prendre en considération lorsque vous envisagez de photographier ces animaux infiniment intéressants.

1/ Identifiez votre sujet et isolez le

Les oiseaux se retrouvent souvent dans les environnements les plus encombrés: les branches ou les graminées entrecroisés par exemple et se distraient du sujet central. D’autres éléments perturbateurs peuvent également interagir et détourner l’attention du photographe de son sujet principal : ainsi d’autres variétés d’oiseaux moins intéressantes, des ombres ou encore des jeux de lumières parasites. Ceci étant précisé, il se peut que vous souhaitiez inclure dans l’image certains éléments de l’habitat ou du paysage aux fins de faire passer un message environnemental. L’astuce consiste ici à décider ce qui est absolument nécessaire pour que l’image soit la plus belle possible ou la plus convaincante. Il y a alors lieu de privilégier la profondeur de champ la plus adaptée ainsi que l’ouverture ou encore un recadrage selon votre proximité avec le sujet pour éliminer tous les éléments non-essentiels à la réalisation de votre photo parfaite.

2/ Faire une photo originale

De nombreuses personnes prennent tout au long de l’année des photographies inspirantes et il est normal de tenter de les reproduire. Ceci n’est cependant guère productif car la force d’une image vient en partie de son originalité : la réplique d’un cliché fantastique évoque rarement une émotion similaire.

Mon conseil : adoptez des angles différents et, si possible, variés ; photographiez de nouveaux sujets qui se comportent de façon inhabituelle. Même les sujets les plus ordinaires peuvent être mis en valeur si leur interaction, leur comportement diffèrent des clichés traditionnels où ils apparaissent habituellement.

3/ Anticiper le comportement

Les oiseaux se déplacent fréquemment. Ils volent, se balancent, nagent, se côtoient, se battent et plongent, souvent de manière permanente et inattendue. Je visualise généralement mes meilleurs clichés dans ma tête en observant le comportement de l’oiseau et en essayant d’anticiper ce qu’il va faire ensuite. Cela ne constitue nullement une perte de temps et il vaut mieux rater une photographie, somme toute banale, et mettre tous les atouts de son côté pour réaliser « LE CLICHE » original, qui attirera le regard du spectateur. Ainsi, si je sais comment mon sujet se déplacera, je peux sélectionner les vitesses d’obturation, les focales, la profondeur de champ et nombres ISO qui maximiseront la qualité potentielle de cette image.

En conséquence, pour arriver à mes fins, je consacre beaucoup de temps à étudier au préalable mes sujets, à « les lire » afin de savoir comment ils se comportent dans des situations différentes (heures de la journée, intempéries, périodes de l’année, etc.).

4/ Laissez les oiseaux venir à vous

Il est tentant de « chasser », de chercher les oiseaux, mais malheureusement (ou plutôt heureusement) la plupart d’entre eux sont timides et s’éloignent rapidement de nous. Cela se traduit souvent par des photos d’oiseaux qui se tournent ou se penchent ou, pire encore, qui ont le dos tourné vers l’objectif lorsqu’ils fuient. En étudiant leur habitat et leur comportement à l’avance, vous pourrez anticiper l’endroit où un oiseau atterrira, marchera, plongera ou volera, et vous positionner à l’avance afin que le sujet vienne à vous, favorisant alors un cliché plus intimiste et plus convaincant.

5/ Arrivez tôt et restez en retard

Les meilleurs clichés et chances de surprendre les oiseaux se produisent très tôt le matin ou très tard dans l’après-midi. Ces périodes de la journée magnifient les lumières, celles-ci étant magiques juste après le lever du soleil ou son coucher ; les ombres sont alors plus éloignées des sujets et ceux-ci sont plus actifs à ces périodes de la journée.

6/ Sélectionnez votre arrière-plan

Nous avons tous tendance à photographier nos sujets à partir d’un point de vue qui nous convient. C’est une erreur fréquente.

Nous tendons également trop souvent à placer le soleil dans notre dos en présupposant que l’oiseau se présentera sous son meilleur profil, avec le meilleur éclairage possible. Ce qui arrive peu fréquemment.

Nous manquons ainsi les meilleurs clichés. En utilisant un angle différent vous avez souvent le loisir de modifier l’arrière-plan et d’obtenir ainsi le côté spectaculaire que vous recherchez. Par exemple, un encombrement de branches pourrait être remplacé par un arrière-plan de nuages d’orage noirâtres et menaçants ; quel cliché vous obtiendriez alors !!! Ou encore, isoler l’oiseau convoité sur un arrière-plan de blé couleur or ; essayez de vous imaginer cette magnifique toile de fond…

7/ Testez régulièrement l’exposition

Les conditions de lumière changeant régulièrement (nuages, soleil déclinant sur l’horizon, etc.) ; il y a lieu de vérifier fréquemment l’exposition requise, tout particulièrement si votre sujet passe d’un fond clair à un fond plus sombre. Ceci est d’autant plus vrai si vous « shootez » en mode priorité à l’ouverture (AV).

8/ Adoptez la vitesse d’obturation ad hoc

Il n’est rien de plus perturbant que d’observer un cliché pris avec un cadrage parfait, avec un arrière-plan magique, mais qui présente un flou de bougé. Afin d’éviter cela, il convient de sélectionner la vitesse d’obturation dont vous avez besoin, et ce, selon les situations diverses : l’oiseau est-il en vol ? Je sélectionne alors une vitesse élevée (1/500 ou 1/1000 si les conditions le permettent évidemment). Le sujet marche ou ne bouge pas ? Je sélectionne alors une vitesse moins élevée, laquelle fera ressortir mieux les détails et permettra la présélection d’une plus grande profondeur de champ.

Si vous avez suivi les conseils ci-dessus, et notamment avoir observé suffisamment votre sujet et avoir quelque peu prédit son comportement, votre appareil photo avec les meilleurs préréglages, dont vitesse-ouverture, sera alors une « arme » redoutable et prête à immortaliser le sujet de vos rêves.

9/ Le mode de prise de vue : mode priorité à l’ouverture (souvent indiqué par les lettres AV –Aperture Value – sur votre molette de sélection des modes), mode tout manuel (M) ou mode P comme « programme » ?

Il y a ici débat entre les pratiquants.

Le mode AV ou priorité à l’ouverture : il s’agit d’un programme qui permet à l’appareil photo de prendre les bonnes décisions à votre place. Enfin, pas toutes évidemment sinon ce serait le programme automatique (souvent un rectangle vert sur la molette de sélection des modes).

Ceci vous permet de sélectionner l’ouverture, et donc la profondeur de champ, que vous souhaitez, l’appareil choisissant alors automatiquement la bonne vitesse.

Le contraire est également possible : vous choisissez la bonne vitesse et l’appareil sélectionne alors automatiquement la bonne ouverture. On parle alors de priorité à la vitesse ou TV, comme Time Value. Non conseillé.

En ce qui me concerne, je procède toujours de la sorte :

J’utilise de manière générale le mode Priorité à l’ouverture AV si le sujet est fixe ou en mouvement devant des arrière-plans présentant des valeurs tonales similaires ou encore si je suis contraint de sélectionner la profondeur de champ minimale, ou si je m’en approche assez.

Avec ce mode AV je choisis l’ouverture pour déterminer la profondeur de champ (et permettre d’isoler mon sujet) ainsi que si besoin la compensation d’exposition nécessaire, l’appareil sélectionnant alors la vitesse d’obturation la plus rapide par rapport à mes préréglages manuels.

Pour ce qui est du mode tout manuel « M », je ne l’utilise que rarement en photographie animalière. Je privilégie uniquement ce mode lorsque l’arrière-plan change physiquement fréquemment ou que je modifie souvent la profondeur de champ.

Ainsi, je présélectionne la vitesse souhaitée ainsi que la profondeur de champ la plus adaptée et je fais des ajustements de chaque paramètre en fonction de la quantité de lumière disponible.

Ce mode nécessite une bonne connaissance des techniques photographiques, de disposer d’un temps suffisant et de pouvoir bouger les mains sans éveiller l’inquiétude du sujet que l’on souhaite photographier.

Honnêtement je ne conseille pas ce mode compliqué.

Le mode P ou programme : tout d’abord rappelons ce qu’est le mode « P » : le mode P ou programme laisse l’appareil proposer un  » couple  » vitesse / ouverture de diaphragme que l’utilisateur peut ensuite  » décaler  » : il sélectionne alors des couples équivalents en terme d’exposition mais dont les paramètres vitesse / ouverture varient. Ex : si l’appareil propose le couple F 8 pour 1/60es, l’utilisateur peut d’un simple tour de molette, préférer le couple F 5.6 pour 1/120e s.

Ce mode est le plus facile mais ne permet pas de prendre le contrôle de l’appareil photo. On peut le considérer comme semi-automatique, offrant néanmoins une certaine interaction entre le photographe et le boitier.

Personnellement je préfère un contrôle plus pointu et moins contraignant (mode AV ou M).

10/ Photographiez les sujets que vous aimez particulièrement

Votre passion pour la photographie et les oiseaux est votre fil conducteur. Photographiez les espèces que vous aimez spécifiquement.

Essayez de vous distinguer des autres photographes et de leurs clichés trop souvent vus sur les nombreux sites et au sein des expositions pléthoriques.

Vous aurez ainsi la possibilité d’attirer le regard des spectateurs.

N’oubliez pas d’enrichir votre culture animalière en étudiant chaque espèce que vous photographiez et en documentant les légendes de vos belles réalisations.

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